L’Afrique du Sud est un des pays au monde les plus touchés par l’épidémie du SIDA. Avec environ 6.1 millions de personnes infectées par le SIDA, l’Afrique du Sud est le pays avec le nombre de personnes contaminées le plus important au monde. En 2014, le South African Child Gauge estimait que 30% des femmes enceintes, de la tranche d’âge 15-24 ans, et vivant en zone urbaine, portaient le virus.

Une des conséquences souvent méconnue de l’épidémie est l’augmentation dramatique du nombre d’orphelins. Selon le South African Child Gauge 2013, l’Afrique du Sud compte quelques 3 850 000 d’orphelins (de 0 à 17 ans) qui avaient perdu un parent ou bien les deux. Les estimations montrent que 62.5% de ces enfants avaient perdu au moins un parent dû à l’épidémie de SIDA. A noter que les orphelins du SIDA sont rarement séropositifs eux-mêmes.

L’épidémie crée des situations terribles de souffrance et de perte d’espoir. Les structures familiales sont détruites, les revenus disparaissent. Avant même le stade de la mort, les enfants sont au premier rang des victimes. Leur scolarité, leur santé, leur processus de socialisation sont remis en cause et leur avenir gravement en danger. Plus globalement, les immenses pertes humaines et monétaires dues à l’épidémie sont une menace pour la jeune démocratie sud-africaine.

L’institutionnalisation de tous les enfants orphelins, ou bien même d’un pourcentage réduit, n’est pas imaginable compte tenu de l’immensité du problème. La solution la plus viable est donc celle du renforcement des structures communautaires et familiales afin qu’elles puissent combattre l’épidémie et ses conséquences. D’autant plus qu’en Afrique du Sud, les liens communautaires sont traditionnellement très forts, comme l’atteste l’esprit d’ « Ubuntu » (« partage ») et l’idée que « ton enfant est mon enfant ».

Malgré, ou peut-être à cause des moyens limités du gouvernement sud-africain, les communautés rurales s’organisent pour trouver des solutions innovantes aux problèmes créés par la pandémie, et en particulier concernant les orphelins du SIDA. Néanmoins, ces groupes de femmes organisés de façon informelle, manquent de ressources financières et souvent techniques pour réaliser les objectifs qu’elles se donnent. Les Enfants de l’Aurore a été créée pour changer cet état de fait. Nous soutenons les réponses communautaires et nous croyons que les communautés sud-africaines peuvent apporter une réponse durable au problème des orphelins du SIDA.