L’Afrique du Sud est un des pays au monde les plus touchés par l’épidémie du Sida. Il est estimé que de 4,5 à 5,5 millions de personnes seraient actuellement infectées par le virus, sur une population de 44,8 millions. En 2001, ONUSIDA estimait que 20,1% des 15-49 ans sud-africains vivaient avec le virus.
Une des conséquences souvent méconnue de l’épidémie est l’augmentation dramatique du nombre d’orphelins. Selon les estimations d’ONUSIDA, l’Afrique du Sud comptait, en 2001, 1 528 000 orphelins de père ou de mère, dont 662 000 à la suite du décès d’un de leurs parents du Sida. Les projections montrent qu’en 2010, plus de 1 700 000 enfants sud-africains pourraient être orphelins du Sida, soit 74% du total d’orphelins. A noter que les orphelins du Sida ne sont pas forcément séropositifs eux-mêmes. Lorsqu’ils atteignent l’âge de 5 ou 6 ans, et compte tenu de leurs conditions de vie difficiles, il est très probable qu’ils ne soient pas atteints du virus.
L’épidémie crée des situations terribles de souffrance et de perte d’espoir. Les structures familiales sont détruites, les revenus disparaissent. Avant même le stade de la mort, les enfants sont au premier rang des victimes. Leur scolarité, leur santé, leur processus de socialisation sont remis en cause et leur avenir gravement en danger. Plus globalement, les immenses pertes humaines et monétaires dues à l’épidémie sont une menace pour la jeune démocratie sud-africaine.
L’institutionnalisation de tous les enfants orphelins, ou bien même d’un pourcentage réduit, n’est pas imaginable compte tenu de l’immensité du problème. La solution la plus viable est donc celle du renforcement des structures communautaires et familiales afin qu’elles puissent combattre l’épidémie et ses conséquences. D’autant plus qu’en Afrique du Sud, les liens communautaires sont traditionnellement très forts, comme l’atteste l’esprit d’ « Ubuntu » (« partage ») et l’idée que « ton enfant est mon enfant ».
Malgré, ou peut-être à cause des moyens limités du gouvernement sud-africain, des associations communautaires s’organisent pour trouver des solutions innovantes aux problèmes créés par la pandémie, et en particulier concernant les orphelins du Sida. Néanmoins, ces groupes de femmes organisés de façon informelle, manquent de ressources financières et souvent techniques pour réaliser les objectifs qu’elles se donnent. Les Enfants de l’Aurore a été créée pour changer cet état de fait. Nous soutenons les réponses communautaires et nous croyons que les communautés sud-africaines peuvent apporter une réponse durable au problème des orphelins du Sida.
